« J'ai mal au ventre... »
Notre alimentation est riche en liquides sucrés et/ou gras (laitages, boissons, fruits...). Dès leur absorption ces liquides induisent une production tout à fait physiologique et normale de bile et d'enzymes pancréatiques. Lorsque tout ce mélange arrive dans le côlon environ ½ heure plus tard, il provoque une irritation avec, en retour, une douleur au ventre, des ballonnements ou des remontées acides, voire de la constipation ou, dans certains cas, une diarrhée. C'est l'état de la flore intestinale et des cellules de la muqueuse du côlon qui conditionnent l'importance de ces réactions pénibles et contrariantes.
Le stress (une émotion, une contrariété...) ou des médicaments peuvent induire ce même phénomène mettant en action ces « chasses biliaires » agressives pour le côlon.
Le rôle du côlon et l'exemple de la « crise de foie »
Les sucs restent entre quelques minutes et huit heures maximum dans l'intestin grêle, ça dépend de la consistance du bol alimentaire : plus ce sera liquide et plus ce sera bref. Ils séjournent par contre de 1 à 3 jours dans le côlon, augmentant ainsi « mécaniquement » leur agression sur sa muqueuse. Et comme cette muqueuse très fragile est le dernier rempart entre le milieu extérieur et notre sang, lorsqu'elle se sent agressée, elle réagit pour se protéger. Ce qui se traduit pour nous par des problèmes de digestion et l'envie rapide d'arrêter de manger pour ne plus continuer à l'irriter.
Cette membrane muqueuse est en contact avec des milliards de germes (dont certains plus ou moins pathogènes) et sa rupture serait mortelle (péritonite). Malheureusement ou heureusement, ça dépend comment on voit les choses, nous trouvons des ruses pour forcer le passage et passer le cap de la mauvaise digestion, notre côlon fait ce qu'il peut pour éviter le pire : d'un côté en renvoyant en amont une partie du bol alimentaire et bloquant les sphincters d'arrivée (d'où remontées acides, ballonnements, constipation...) ou, de l'autre côté en provoquant une expulsion (diarrhée...).
C'est ce qui se passe dans le cas extrême de l'intoxication alimentaire typique avec vomissements et diarrhée (improprement appelée crise de foie !). Mais dans le quotidien ça se traduit surtout par toutes ces « petites » gênes digestives qui empoisonnent notre vie.
Le côlon sera d'autant plus sensible à ces petites attaques d'origines alimentaire, nerveuse ou médicamenteuse qu'elles se répèteront à longueur de jours ou d'années, ne lui laissant pas le temps de se « réparer ». Et ce sera alors le point de départ possible de nombreuses réactions en chaîne aboutissant, nous allons le voir, à diverses pathologies. N'oublions pas que 80% de nos réserves immunitaires (réseaux lymphocytaires) se logent derrière le côlon, ce boyau d'un mètre de long, prolongation de l'intestin grêle.
Ces sucs biliaires et enzymatiques sont bien sûr essentiels car ils transforment les aliments en plus petits constituants, propres à traverser la muqueuse intestinale pour passer dans le sang et aller nourrir les organes. Chaque enzyme digestif est spécialisé : l'un pour les farineux ou féculents (amylase), l'autre pour les graisses (lipase), le dernier pour les protéines (trypsine). Les organes producteurs de ces enzymes et sucs sont le foie et le pancréas.
Les examens cliniques (endoscopie, etc) ne révèlent en général pas les lésions que ces sécrétions bilio-pancréatiques en excès provoquent. Ce sont de véritables micro-corrosions dans la muqueuse de l'intestin, vérifiables seulement par analyse sur biopsie !
Les mécanismes de la mauvaise digestion
Environ une demi-heure après le repas, les premiers sucs arrivent dans le côlon. Si aucune précaution diététique n'est prise, ils sont corrosifs et le système défensif du côlon droit, très fragile et dernier et très important filtre entre notre organisme et le milieu extérieur, se protège en déclenchant des manifestations digestives comme :
* se spasmer (c'est la colite : "après le repas, je suis plié en deux")
* dilater l'estomac (c'est l'aérophagie : "je bois un verre d'eau et je ballonne")
* fermer le pylore, le petit muscle circulaire qui ferme la sortie de l'estomac vers l'intestin, pour retarder la digestion ("je ne peux terminer un repas sans cigarette", ça se comprend, la nicotine force l'ouverture du pylore, et force donc sa vidange)
* fermer le canal cholédoque et le sphincter d'Oddi, déverseur de la vésicule biliaire ce qui fait que "j'ai la vésicule paresseuse, je ne digère pas les graisses"...
* ou dilater l'intestin grêle on a alors des ballonnements, le transit est ralenti, il y a constipation...)
Le côlon gauche, en moindre danger puisque plus éloigné, a pour mission d'évacuer ces sucs le vite possible. Facile, puisqu'il est plus près de la sortie ! Pour ce faire, il augmentera parfois la force de ses contractions : ce seront des coliques et … les diarrhées.
Le côlon gauche dispose du pouvoir de diluer les sucs agressifs en empruntant du liquide au sang circulant ou de les neutraliser en pompant des sels minéraux (calcium, magnésium, potassium). La viscosité et la concentration sanguine devant rester constantes, ce phénomène (que l'on qualifie de selles molles) aura des conséquences fâcheuses sur l'équilibre en minéraux. En les empruntant au sang circulant, et en les évacuant avec les sucs irritants, le système défensif du côlon gauche force le corps à faire appel par exemple au calcium osseux pour garder le calcium sanguin au niveau nécessaire. Cela explique pourquoi on observe de l'ostéoporose même chez les grands consommateurs de laitages riches en calcium !
Les ruses de notre organisme
En réaction à ces douleurs, notre organisme « étouffe ». Les spasmes colitiques ne touchent pas tout le monde, les sucs agressifs si ! Notre corps a développé avec le temps des ruses pour nous assurer un confort digestif. Voici les principales ruses employées et dans lesquelles vous vous reconnaîtrez peut-être :
1. Pour éviter que les aliments ne restent dans l'estomac, vous mangez plus liquide que solide : l'estomac se vide alors plus facilement, malgré la fermeture du pylore par le système défensif du côlon droit pour retarder la fabrication des sucs agressifs.
2. Vous fragmentez les prises alimentaires en grignotant pour pouvoir absorber les sucs irritants, remontés dans l'estomac, qui provoquent une sensation désagréable. C'est la faim sans fin... Encore plus désagréable chez un sujet ulcéreux (ça entraîne alors des spasmes).
3. Vous fumez une cigarette après le repas, ce qui ouvre automatiquement le pylore et vide l'estomac : « Ouf, ça va mieux ! »
4. Vous mangez moins à chaque repas pour limiter la production de sucs dangereux, au risque de vous retrouver carencé.
5. Vous privilégiez les yaourts, les laits fermentés, tous les produits lactés liquides parce qu'ils forcent aussi l'ouverture du pylore et que, s'ils sont allégés, ils entraînent peu de production de bile. Or l'estomac détecte facilement l'excès de sels biliaires mais ne peut vous prévenir de la remontée des enzymes pancréatiques qui n'ont pas de goût et sont sécrétés à cause de la présence de sucre (lactose) dans le lait. C'est le même phénomène qui vous fait privilégier les aliments sucrés car ils entraînent moins de « reproches » de la part de l'estomac, au prix d'une sécrétion accrue d'enzymes irritants pour le côlon.
6. Vous donnez priorité aux fromages car ils calment un estomac presque enflammé (gastrite) en neutralisant l'acidité des sucs.
7. Vous prenez des médicaments anti-spasmodiques qui vont cacher ces alertes.
8. Vous allez orienter vos goûts vers les sucres rapides (sans gras), puisque le "reflux des enzymes pancréatiques est indétectable par le cerveau", ce qui ralentit la vidange de l'estomac.
9. Vous allez adopter sans vous en rendre compte des postures qui vont soulager votre côlon, évitant de le comprimer, la plus fréquente étant le ventre relâché, en avant, avec le bas du dos cambré et les épaules en avant : c'est la posture typique du colitique. Elle n'est pas très esthétique et peut entraîner des lordoses... Assis, le colopathe gardera les jambes écartées. De même la nuit, la posture naturelle qui repose le plus la côlonne vertébral est celle sur le dos : un colitique (ou colopathe) dormira couché sur le ventre, ou en chien de fusil sur la droite, la jambe droite repliée à demi et la main droite sous le ventre à hauteur de l'appendice, en cas d'inflammation du côlon droit. Sur la gauche pour le côlon gauche irrité... On retrouve là les positions prônées par les sages orientaux : respiration par le ventre, assis en « lotus »... pour soulager le côlon ! A croire qu'ils étaient réellement colopathes !
Les effets secondaires d'une irritation du côlon
Certains chercheurs avancent que ces sucs et enzymes "destructeurs" du côlon et rejetés par ce dernier selon le mécanisme décrit ci-dessus, ne se limitent pas au système digestif, mais passent dans le sang et la lymphe, s'attaquant alors aux organes et y provoquant des dégâts collatéraux comme l'arthrose, le psoriasis ou des maladies auto-immunes comme la rectocolite ulcéro hémorragique. Il existe bien sûr d'autres agresseurs, microbes, virus, champignons, parasites qu'il faut rechercher. Le passage par voie sanguine d'enzymes digestifs en provenance du pancréas, de sels, acides et pigments biliaires est potentiellement universel : c'est un danger à ne pas sous-estimer.
« Je digère pourtant mieux avec un bol de lait le matin ! »
Digestion ne veut pas dire excrétion, aller mieux à la selle signifie que le côlon gauche, agressé, accélère le transit pour chasser les sécrétions bilo-pancréatiques. On peut obtenir d'ailleurs le même effet avec un grand verre d'eau à jeun, ou une cuillère à soupe d'huile d'olive à jeun, ou un jus d'orange, ou un café, ou encore une cigarette. Ce dernier point permet de comprendre pourquoi il est si difficile d'arrêter la cigarette tant qu'on a un côlon hyperperméable : si elle apporte un tel confort digestif c'est qu'elle force grâce à la nicotine les sphincters à s'ouvrir. Et c'est aussi pourquoi, après une cure calmante du côlon, même de courte durée (10 jours), on arrête plus facilement la cigarette puisque le système digestif ne « hurle » plus !
« Je n'ai plus faim lorsque je cuisine »
Le temps mis par les sécrétions bilo-pancréatiques pour parvenir jusqu'au côlon, après avoir parcouru le grêle, correspond au temps mis à faire la cuisine. C'est le réflexe conditionné de Pavlov initié par la proximité du repas. Il déclenche les sécrétions bilo-pancréatiques qui arrivent au côlon et l'irritent, déclenchant une réaction de défense avec fermeture des sphincters (pylore, etc) et tous les symptômes et mécanismes décrits précédemment. Et on n'a plus faim ! C'est pareil au restaurant lorsqu'on lit le menu et que plus tard (trop tard !) les plats arrivent…
Conseils diététiques pour éviter d'irriter le côlon
Ils sont particulièrement simples.
Le matin, au réveil : NE JAMAIS BOIRE, même pas un verre d'eau!
Il faut, très vite, manger solide afin que l'aliment puisse, en jouant un rôle d'éponge, absorber les sécrétions digestives présentes dans l'estomac, la plupart du temps. Ceci afin d'éviter que ces sécrétions agressives soient vidangées et parviennent ainsi trop rapidement dans le Côlon qui les redoute.
Dans ce cas, nous le savons maintenant, le côlon droit déclenche immédiatement aérophagie, ballonnement et remontées désagréables des sucs (La bile provoque des nausées. Les enzymes et autres aliments acides, tel que les jus de fruits comme l'orange, provoquent des brûlures).
Le côlon gauche déclenche, lui, des coliques et des selles plus ou moins molles.
Côlon droit ou côlon gauche, ce sera en fonction naturellement de leur degré respectif d'inflammation.
Il faut, sauf exception, éliminer les aliments contenant des sucres rapides afin d'éviter la production et la sécrétion trop précoce des enzymes pancréatiques, les plus corrosifs, les plus destructeurs.
Sucre rapide = la confiture, le lactose contenu dans les laitages frais, même à 0 % de matières grasses (lait, yaourt, fromage blanc, crème fraîche) ,jus de fruits, fruits, autres boissons sucrées tels que vin, bière, cidre, alcool, etc ... ( c'est la quantité qui est importante).
L'eau doit être amenée par l'aliment solide. Le pain normal est donc préférable aux biscottes ou au pain grillé.
- Si l'on respecte cette notion d'éponge, le petit déjeuner peut être copieux et comporter tous les sucres lents, c'est-à-dire le pain, le riz, les pâtes, la semoule, tous les féculents et les autres céréales. On peut y associer des protéines (fromages, viande, jambon, oeufs, poisson), ainsi que les graisses (beurre).
Ensuite, la sensation de soif ayant immédiatement disparu avec les premières bouchées, on peut attendre pour prendre une boisson à votre convenance, naturellement non sucrée : thé, café ou... eau, toujours en petite quantité et à la demande.
II est en effet très important de ne boire que si le besoin s'en fait sentir, et toujours en petite quantité à la fois.
Il est faux de penser que si l'on boit beaucoup on "rince ses reins" ! plus l'alimentation est liquide et plus l'on agresse son système digestif, donc ... ses reins.
Plus l'état du côlon s'améliore et moins l'on a soif.
Une alimentation trop salée ou trop sucrée nous oblige à boire ...
AUX REPAS : Deux notions doivent être respectées:
1. Il faut avoir un bol alimentaire consistant. Donc un repas doit comporter des aliments à fibres. C'est-à-dire tous les légumes verts. Mais ces aliments ont pour inconvénient majeur de n'être pas assez absorbant et de favoriser l'arrivée d'un pourcentage très important de sucs "intacts ou libres" dans le côlon. C'est pour cette raison que les "colitiques " ne les supportent pas.
2. Il faut donc leur associer des aliments absorbants, qui vont diminuer ce pourcentage. Curieusement, ce sont les bases alimentaires anciennes : Le riz des Chinois, les pâtes des Italiens, la semoule du couscous, le pain des français, le manioc des africains, etc. = féculents !
A ces deux bases on rajoutera des protéines (viande, poissons, volailles, etc.).
Attention, les graisses frites font sécréter plus de bile et réclament plus d'absorbants.
Quant aux sucres rapides, il faut, les éviter (ou les absorber en dessert, ce qui, en les mélangeant au reste du bol alimentaire, les transforme en sucres lents!).
Sur le plan de la boisson, plus le bol alimentaire est liquide et plus il sort vite de l'estomac ce qui accélère la fabrication et la sécrétion des sucs digestifs, donc l'agression du côlon. C'est pourquoi les potages et autres aliments liquides sont toujours plus mal supportés par les colitiques, ainsi que la boisson au cours des repas.
Il ne faut donc jamais se forcer à boire et ne boire qu'à la demande toujours en petite quantité à la fois.
Plus votre côlon va bien et moins vous aurez soif.
Conseil important : Absorber un simple morceau de pain avant chaque repas est une sage précaution !
ECART DE REGIME :
Tous ces conseils concernent la répétition journalière. Leur objectif est de diminuer l'agression muqueuse digestive et de permettre ainsi à notre organisation corporelle de la cicatriser.
Plus on approche du but et plus on peut se permettre de les transgresser sans le payer pour autant.
Afin de profiter rapidement des plaisirs de la table en supprimant la majeur partie des troubles de mauvaise digestion, la seule action calmante possible et réparatrice à long terme sur le côlon consiste à prendre par voie orale :
-de la glutamine, un acide aminé, carburant (source d'énergie) préférentiel des cellules de la muqueuse intestinale et des cellules immunitaires de l'intestin, elle est utilisée par toutes les cellules qui ont un cycle de division rapide. Restaure la barrière intestinale, répare l'épithélium des cellules du côlon
-de la curcumine (extraite de curcuma) qui est anti-inflammatoire et anti-oxydante du système digestif. Elle a un grand intérêt pour aider l'organisme à lutter contre l'inflammation responsable de l'hyperperméabilité intestinale.
-de la chlorophylle qui est le produit naturel le plus efficace pour absorber les gaz intestinaux et neutraliser les putréfactions intestinales, tout en étant aussi un formidable cicatrisant de contact, réparateur de la muqueuse du côlon.
-des probiotiques spécifiques actifs sur l'équilibre intestinal, mais aussi sur le système immunitaire. Actifs sur le maintien de l'équilibre de la flore intestinale, ils inhibent le développement des bactéries pathogènes et putréfactives, diminuent les selles liquides, favorisent la stimulation du système immunitaire, le bon équilibre des graisses et la digestion du lactose. La flore intestinale des personnes en bonne santé diffère de celle des personnes malades. C'est un prix Nobel (E. Metchnikoff) qui a découvert qu'on pouvait annuler les effets des bactéries pathogènes en consommant des bactéries lactiques.
Une bonne solution complémentaire consiste en des irrigations du côlon (avec des solutions contenant de la chlorophylle ou, mieux, du butyrate de sodium).
En urgence, on peut prendre :
-des mucilages aux propriétés anti-inflammatoires, adoucissantes et protectrices, pour les muqueuses de l'estomac et de l'intestin ou, encore mieux,
-de l'argile ou ses dérivés naturels qui calmeront rapidement l'état inflammatoire colique mais sans le soigner, d'où leur utilisation limitée et réservée à l'urgence et à la prévention de la douleur.
Il est possible en cas de déséquilibre profond ou de carences avérées, de prendre :
-du zinc, cofacteur de multiples systèmes enzymatiques intervenant au sein du tube digestif ; antioxydant, il intervient aussi dans l'immunité et dans les processus de détoxication hépatique,
-de la vitamine D qui a une action trophique sur la muqueuse intestinale. Elle est indispensable pour un bon fonctionnement des cellules de l'immunité.
-du magnésium, cofacteur enzymatique universel.
En pratique
Ces conseils s'adressent sans réserve à ceux et celles dont l'appendice a été enlevé.
Dans le cas contraire, seuls ceux qui ont un état colitique gauche dominant, c'est-à-dire avec une forte accélération du transit et donc plus de deux selles par jour, peuvent s'en inspirer en sachant qu'avec l'appendice en place ils auront un ralentissement et une normalisation du transit.
Pour les autres le seul risque sera une légère constipation tout à fait normale et physiologique que l'on traitera, si besoin est, de la meilleure manière qui soit en prenant un symbiotique, c'est-à-dire une association de probiotiques (bacilles lactiques) et de fibres naturelles non agressives (de pomme, de pruneau, de chicorée...). Ainsi sera retrouvé un confort digestif et intestinal qu'on pensait perdu à jamais !
Pour vous le faire comprendre, retenez que les chinois traditionnels utilisaient instinctivement et régulièrement ce type d'alimentation de confort et sont par là même devenus de très gros fumeurs (tabac, opium...), buvant souvent de l'alcool fort en fin de repas pour « digérer » (c'est-à-dire débloquer les sphincters et provoquer une selle : ce qu'on appelle chez nous le « digestif », ou le « trou normand »...).
Comme on l'a vu, l'organisation des repas devra donc se faire autour de la chronobiologie de l'alimentation légèrement modifiée et adaptée au côlon hypersensible (on emploie aussi le terme de côlon hyperperméable).
Maladies pouvant être impliquées dans un contexte de côlon hypersensible
Obésité, boulimie, anorexie, spasmophilie, problèmes de dos, fatigue, troubles du sommeil, fibromyalgie, dépression, maux de tête, migraines, asthme, problèmes circulatoires, jambes lourdes, certains cancers, vieillissement corporel ou cérébral accéléré, eczéma, urticaire, acné, psoriasis, ostéoporose, hépatite, pancréatite, ulcère d'estomac, recto-colite, plaque d'athérome, hypertension, arthrose...
Autres signes possibles d'une hypersensibilité du côlon : scoliose, hernies discales, hernies, éventrations, varices...
En résumé
Si vous avez une digestion difficile (ou des troubles de santé qui peuvent y être liés), modifiez vos repas très simplement sur la base de la chronobiologie de l'alimentation et soignez l'hyperperméabilité de votre côlon :
1. Evitez les aliments sucrés ou contenant trop de sucres : ils excitent la production d'enzymes pancréatiques corrosifs sur un côlon déjà par ailleurs irrité et, en réaction, ralentiront la vidange de l'estomac : douleur, ballonnement.... Le goûter par exemple, devra impérativement comporter un végétal gras (graine…) et un fruit peu sucré et relativement pauvre en jus comme la pomme et il faudra éviter de boire plus d'un verre.
2. Evitez de débuter les repas par du liquide (apéritif, potage, boire de l'eau à jeun) : cela force les sucs digestifs irritants à pénétrer trop rapidement dans l'intestin et surtout à atteindre le côlon sans être tamponnés par des féculents (pain, pâtes, pomme de terre…). Ils n'ont en effet pas eu le temps d'imprégner ces aliments « absorbeurs » qui minimiseront leurs effets corrosifs sur la muqueuse du côlon.
3. Evitez de manger trop de fibres dans un même repas car elles absorbent trop peu les sucs, qui arrivent alors sous forme "libre", trop intacts, dans le côlon et l'agressent. C'est souvent ce qui se passe l'été avec les salades et les crudités prises trop abondamment et trop fréquemment. Ou en cas d'absorption inhabituelle de pain complet, de riz complet…
4. Eliminez les aliments sucrés, pris isolément ou à jeun, surtout s'ils sont liquides ou accompagnés de liquides (thé, café, tisane, soda… ou eau !).
5. Evitez de boire à jeun. Boire par petites gorgées au cours et après le repas.
6. Evitez le yaourt, même maigre, surtout à jeun car c'est, par son lactose, un aliment liquide ou semi-liquide sucré. Evitez le lait ou tous les laitages liquides ou semi-liquides pour les mêmes raisons : apport de sucres et de gras qui va faire sécréter pancréas et foie, et dont leurs sécrétions irritantes vont arriver trop « libres » et en trop grande quantité sur le côlon droit qui va réagir en refoulant le tout (blocage des sphincters : ballonnements, maux de ventre, renvois, aigreurs… qui peuvent entraîner des gastrites, des ulcères et même plus grave encore si le phénomène perdure trop longtemps et avec intensité) ou, si ça passe dans le côlon droit, provoquer des selles molles voire un épisode diarrhéique qui va déshydrater, provoquer une fuite de minéraux et risquer à la longue de carencer l'organisme.
7. Choisissez de commencer les repas par un aliment « absorbeur » comme le pain (au levain, le meilleur !) ou le riz blanc qui peuvent "pomper" les sucs et éviter qu'ils atteignent trop vite le côlon avant d'être mélangés aux autres aliments.
Mais ces « soins palliatifs » ne doivent pas faire oublier le plus important : réparer la muqueuse du côlon irrité puis l'entretenir. Les produits existent, les conseils diététiques ne demandent qu'à être appliqués !
Jean-René MESTRE – Pharmacie de la Renaissance
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